La Branche des fournisseurs de garages: malgré la stabilité actuelle, la prudence est de mise

12 Fevrier 2026

Cette année, la croissance de l’économie suisse reste inférieure à la moyenne, dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, les conflits commerciaux internationaux et la hausse des prix de l’énergie, autant de facteurs qui pèsent sur les entreprises et les consommateurs. La branche des fournisseurs de garages affiche malgré tout une belle solidité au 1er trimestre, la majorité des entreprises jugeant leur situation satisfaisante à bonne. Le 2e trimestre s’annonce toutefois plus incertain, en particulier en raison de la hausse des coûts du matériel et de prévisions relativement prudentes quant à la situation bénéficiaire.

 

L’avis des entreprises sur la situation au 1er trimestre 2026

Fait réjouissant, la situation de l’emploi s’est avérée stable en ce début d’année: 58% des entreprises interrogées (contre 52% au 4e trimestre 2025) la jugent bonne et 42% (contre 48%) satisfaisante. Aucune ne la qualifie de mauvaise (inchangé). On observe donc une légère amélioration par rapport au 4e trimestre 2025. Cette robustesse pourrait notamment s’expliquer par le fait que la branche des fournisseurs de garages est moins sensible aux fluctuations à court terme que d’autres secteurs plus cycliques.

Le chiffre d’affaires présente lui aussi un tableau globalement solide: 42% des entreprises (contre 44% au 4e trimestre 2025) qualifient ce paramètre de bon, 54% (contre 52%) de satisfaisant, et 4% (inchangé) de mauvais. Les perceptions restent donc sensiblement les mêmes. Cette stabilité, malgré un contexte incertain, témoigne d’une demande sous-jacente qui reste intacte. On peut toutefois supposer que la frilosité des consommateurs, la hausse des coûts et un climat économique globalement plus prudent freinent la croissance.

Les avis sur la situation bénéficiaire sont un peu plus réservés: 25% des entreprises (contre 33% au 4e trimestre 2025) la considèrent comme bonne, 71% (contre 59%) comme satisfaisante et 4% (contre 7%) comme mauvaise. On observe donc un léger recul par rapport au 4e trimestre 2025. Dans l’ensemble, la branche reste à un niveau opérationnel solide, même si une pression sur la rentabilité commence à se faire sentir.

 

Pronostics de tendance pour le 2e trimestre 2026

Les incertitudes apparaissent plus clairement dans les prévisions pour le 2e trimestre 2026. En ce qui concerne la situation de l’emploi, 17% des entreprises (contre 22% lors des prévisions établies au 4e trimestre 2025 pour le 1er trimestre 2026) s’attendent à une amélioration, 71% (contre 78%) tablent sur la stabilité et 13% (contre 0%) anticipent une dégradation. Ces prévisions sont donc sensiblement plus prudentes que celles émises au 4e trimestre 2025. Cette retenue s’explique sans doute par un environnement économique devenu globalement plus difficile: les tensions géopolitiques, la guerre au Proche-Orient, la hausse des prix de l’énergie, les incertitudes en matière de politique commerciale pèsent sur la sécurité de planification des entreprises.

S’agissant des effectifs du personnel, 79% des entreprises (contre 78% au 4e trimestre) tablent sur la stabilité, alors que 17% (contre 22%) anticipent une hausse et 4% (contre 0%) une baisse. Le chômage partiel reste une exception.

En ce qui concerne les salaires, la pression des coûts demeure élevée: 54% des entreprises (contre 56% au 4e trimestre) s’attendent à ce que le coût des salaires augmente, 42% (contre 44%) à ce qu’il reste tel quel, et 4% (contre 0%) à ce qu’il diminue. L’évolution du coût du matériel pèse encore plus lourd: pas moins de 63% des entreprises (contre 44% au 4e trimestre) prévoient une hausse, 38% (contre 52%) tablent sur la stabilité et 0% (contre 4%) anticipent une baisse. Cette hausse marquée des coûts de matériel prévisionnels résulte vraisemblablement des bouleversements géopolitiques.

Parallèlement, les perspectives concernant la situation bénéficiaire se détériorent: 29% des entreprises (contre 11% au 4e trimestre) s’attendent à ce qu’elle se dégrade au 2e trimestre, 46% (contre 63%) à ce qu’elle reste telle quelle, et 25% (contre 26%) à ce qu’elle s’améliore. Cette évolution met particulièrement en évidence la pression croissante sur les marges: alors que la demande reste globalement stable, la hausse des coûts d’acquisition et d’exploitation ainsi que la persistance des incertitudes pesant sur l’environnement économique affectent de plus en plus la rentabilité.

En ce qui concerne le chiffre d’affaires, les prévisions restent en revanche relativement stables: 42% des entreprises (contre 41% au 4e trimestre) s’attendent à une hausse, 50% (contre 48%) tablent sur la stabilité et 8% (contre 11%) prévoient une baisse. L’évolution du chiffre d’affaires s’avère donc plus stable que celle de la situation bénéficiaire. Les principaux risques tiennent moins à l’évolution de la demande qu’à la pression croissante sur les coûts et au rétrécissement des marges.

 

Remarque: certains pourcentages sont soumis à des effets d’arrondi.